Identification

Merci de vous identifier



Affiche le nombre de clics des articles : 629706
PATRIMOINE : PETITE HISTOIRE DES CARRIÈRES de DARDILLY PDF Imprimer Envoyer

Interview de Marcelle LAMBERT, passionnée par l’histoire de Dardilly

Depuis un certain temps, Marcelle Lambert, adhérente DEA,  s’est lancée dans la recherche de tout ce qui touche de près ou de loin aux carrières qui étaient en exploitation à Dardilly.

C’est ainsi qu’elle nous a  appris qu’il y a eu jusqu’à 11 carrières sur le territoire de notre commune.



Au XVIème siècle, ce sont des paysans qui exploitent les carrières de pierres pour reconstruire dans un premier temps les maisons des maîtres, comme le manoir de Parsonge, endommagées lors des guerres de religion.  Puis dans un second temps, la richesse s’installant du fait du commerce avec Lyon pour répondre aux besoins grandissant des citadins en vin, fruit et légumes, les masures paysannes des quartiers du haut de Dardilly sont remplacées peu à peu par des maisons plus solides comme au Clair.

CarrièresCette exploitation des carrières s’intensifie au début du XIXème siècle.

Sous le Concordat, la reconstruction est une excellente affaire pour les carrières.  Lyon ayant besoin de pierres de tailles, on fait venir des tailleurs de pierres de Creuse et de Savoie qui s’installent à “Dardilly le Haut des Fossés”.

Après avoir essuyé les dégâts causés par les combats entres les troupes napoléoniennes et celles des autrichiens, à la Restauration, Dardilly renaît.  La population croît.  Les carrières fonctionnent et on compte environ une centaine de tailleurs de pierres.  Les chemins sont réparés pour faciliter le transport des pierres.

Vers le quartier des Marsaults se trouvent une carrière de chaux et un four à chaux.

Il y a également des carrières de gore à Dardilly le Bas.

Au nord de la Commune il existe un gisement de calcaire dont les carriers tirent soit de la pierre de taille, soit de l’argile et de la chaux pour alimenter les tuileries ou construire en pisé.

 

 

 

 

 

Le calcaire à gryphées, largement utilisé, se rencontre en grandes plaques. Toutes ces plaques servent à réaliser des soutènements, à délimiter des parcelles, parfois dressées de champ, à surmonter les portails d’un large linteau ...  Elles sont aussi utilisées pour consolider les berges des ruisseaux, comme celui des Planches au Pelosset.

CarrièresCarrières

Les “cabanes” qu’utilisent les ouvriers agricoles sont construites en pisé, sur un soubassement en moellons (des vestiges en subsistent).  

Des bancs de pierres sont souvent disposés devant les façades des maisons du bourg ou dans les cours de ferme (une vingtaine répertoriée).

Le Fort du Paillet est construit entre 1883 à 1886 sur le point culminant de la commune (393 m) au nord du hameau du Paillet.

Le mur de pierres le long du chemin du Fort, dont une hauteur de 80 cm est encore visible de nos jours, a en réalité une profondeur d’une dizaine de mètres. Il servait de soutènement au front de la carrière. Carrières

Mais à la fin du XIXème siècle, les carrières de pierres de Dardilly, concurrencées par celles de la Brévenne, doivent cesser leurs activités.

Plus tard, après 1930, du Bouquis au Paillet, jusqu’à l’emplacement de l’actuel Jeu de Boules, la glaise est exploitée en grande profondeur.  Cette glaise de couleur bleue, devenant rouge une fois cuite, sert à confectionner des tuiles et des briques dans une Tuilerie (ABL) située à la place de l’actuel BHV, sur Limonest.  L’activité de cette usine s’est arrêtée en 1971.

Toutes les carrières furent comblées, la plupart du temps par de la terre, le quartier du Barriot redevenant exclusivement agricole.  Mais malheureusement d’autres produits moins sympathiques y furent déposés. Marcelle Lambert signale qu’en 1963 en disait “Dardilly les Mouches” à cause de ces décharges.

Enfin, de 1975 à 1995, la tristement célèbre décharge du Bouquis a comblé la dernière carrière.

De nos jours, en observant attentivement le relief, on devine les vestiges de ces carrières.  Diverses constructions ayant été réalisées avec les matériaux extraits sont également encore visibles.

DEA, attachée au patrimoine et à la mémoire de notre environnement dardillois, remercie Marcelle Lambert pour son travail de recherche.